23 juin 2006
Les chroniques de l'empaleuse livre 2
Les chroniques de l'empaleuse livre 2
Chapitre 10
Les chroniques de l’empaleuse : 10 Château de Poienari
Le vingt août deux mille cinq. Roumanie du Nord, Bukovine. Dix-neuf heures trente, route de Poienari.
Edifié en hauteur à flan de colline, le Château de Poienari domine le paysage transylvain. Aux pieds de l’édifice, s’entendent à perte de vue des forêts de pins et de chênes.
Nous voici dans une des régions les plus reculer et mystérieuse de Roumanie, les Carpates orientales. Le seul lieu habité à la ronde est le monastère de Snagov. Et La ville la plus proche se trouve à une centaine de Kilomètre.
J’ouvre la vitre teintée arrière du quatre-quatre, Range Rover. Un parfum me pénètre, comme un souvenir. Riche et fort, il a l’odeur de la “Germanie“ le pays de mes ancêtres.
Mon père vient de l’Allemagne du sud, du Bade - Wurtemberg. C’est la région aux nuits rhénanes ou Apollinaire c’est inspiré pour Alcool. Les vignes qui poussent aux versants des collines, se reflètent au soir dans le Rhin coulant. Tandis que les forteresses impénétrables des chevaliers Souabe, veillent aux récoltent. Un pays de mythes et de légendes une terre du Nord, comme ici.
Malgré cette ressemblance frappante, entre l’Allemagne et les Carpates orientales, quelque chose me perturbe. C’est comme un léger bruissement. Toujours présente et constant. Le murmure ancien et inquiétant d’une malédiction. La terre maudite de la lignée de Vald trois l’empaleur, nous souhaite la bienvenue.
La “Range Rover“ remonte avec difficulté, la vieille route escarpée du Château. Les roues glissent sur les pierres qui parsèment le chemin. Le chauffeur un Roumain d’âge mûr, au regard de tueur se concentre corps et âmes dans sa tâche. Un faux-mouvement et nous nous retrouverions à dévaler les flancs de la colline.
Je pourrais peut-être en profiter, pour tenter de m'évader. Mais le souvenir des paroles de maître Tahn me retient. J’ai fait une promesse et je dois la tenir.
De toute manière m’enfuir pour aller où ? Cela n’aurait pas de sens.
Après l’atterrissage de l’avion à Budapest, le Prince Mircéa m'a confié au bon soin de son chauffeur. Il m’a expliqué que j’allais rejoindre la demeure de ses ancêtres, mon nouveau foyer. Sur place un certain Nathanaëlle, prendrait soin de mon instruction.
Quel soulagement de pouvoir quitter le Prince ! Dire qu’il a osé me marquer de ses crocs ! Rien qu’à cette pensée je frissonne de dégoût. Et pourtant mon attraction pour sa personne reste. Le désir est une chose dangereuse et capricieuse. Quoi qu’il en soit un jour j’aurai ma revanche. Il payera pour son crime !
D’après ce que j’ai pu tirer du chauffeur qui a quelques notions d’allemand, le château abriterait d’autres élèves comme moi. Environs une dizaine. Au moins je ne serais pas seule.
Le quatre-quatre passe un pont-levis moyen – âge et pénètre le château-fort. Je suis époustouflé par sa beauté, comme sa grandeur qui impose. Munit d’importants murs d’enceintes à créneaux, son plan est celui d’une forteresse carrée.
Dans chaque angle il y a une tour de guets, percées de multiples meurtrières. Celles-ci gardent le bâtiment central du château, le donjon. Bien plus élever que les tours de gardes, le donjon est surmonté d’un cloché couleur or, en forme d’oignon. Un aspect et un coloris qui rappelle le toit des églises orthodoxes.
Alors que nous traversons la cour du château, une fontaine en pierre nous accueille. Le bassin possède une impressionnante guivre en bronze, crachant de sa cruelle bouche, les eaux.
Je descends de la voiture. Le chauffeur m’indique une lourde porte en bois, qui barrant l’entrée du donjon. Je me dirige vers les immenses panneaux, vu leurs tailles et poids il faudrait plusieurs hommes pour les faire bouger. Soudain les battants commencent à s’animer tout seul. Les grincements de la porte colossale sont assourdissants. Il doit y avoir un système de poulie. Elle ne pourrait s’ouvrir d’elle-même. Peu à peu les portes de bois commencent à me livrer l’aspect intérieur du château. Le temps de jeter quelques regards déjà se matérialise sur le seuil notre hôte. D’où sort-il ? Il n’était pas là il y a cinq minutes ! Surprise par cette apparition je détaille sans aucune gêne l’étrange personnage. A son aura je devine que c’est un vampire. Mais il y a autres choses, comment se fait-il que la lumière du jour ne l’affecte pas. Tout suceur de sang redoute le soleil, ses rayons sont leurs morts assurés. Et puis son physique est différent et ce qu’il dégage n’est en rien humain. Et la forme de ses oreilles ! C’est un elfe-vampire !
D’une taille moyenne, il fait dans les uns mètre soixante-dix. Ses longs cheveux noirs s’écoulent derrières ses oreilles en pointes, tels des ailes de corbeaux. Une robe de mage aussi sombre que sa chevelure, le recouvre des épaules aux pieds. Celle-ci est munie d’une capuche et de manches piquées de glyphes argentés. Tandis qu’une émeraude aussi grosse que mon poing, pend sur le devant de sa tunique. Le plus impressionnant reste ses yeux. Deux lacs d’acides en fusion. Plus vert que son pendentif.
Un être fabuleux et impressionnant à la fois, hors du commun. Mais d’où vient-il, Qui est-il ?
Avec rapidité et précision il me détaille de la tête au pied.
« Le Maître m’a prévenu de ton arrivé. Je suis Nathanaëlle ton nouvel instructeur. » Jamais je n’ai entendu de voie aussi enchanteresse ! Ses intonations vocales vous caresse comme un froissement d’ailes. Malgré son allemand courant j’ai pu décelé un vague accent. D’où vient-il ?
« Tu va laisser tes affaires personnels et tes armes ici ! »
« Quoi ? Comment sa ! Mais j’ai besoin de mes armes. »
« La tâche que je vais te confier ne nécessite pas d’arme. Maintenant dépêche toi je n’ai pas de temps à perdre en palabre inutile ! »
« Très bien ! » En palabre inutile quelle accueille, je m’en rappellerais. Si il croit que vais rester dans un endroit pareil sans arme, il rêve. A mes pieds je dépose ma valise, ma besace contenant mon arbalète et mes flacons d’eaux bénites. Quant à mon poignard, il ne bougera pas de sa place.
« Voilà ! Encore autres choses ? »
« Le poignard à l’arrière de ton jean ! » Et bien il a l’œil. Quel sens du détail !
« Je ne vois pas de quoi vous parlez. »
« Aurais-tu besoin d’une fouille corporelle ? » Me dit-il tout en me laçant un sourire entendu. C’est exactement le genre de paroles qui me font fuir !
« Non pas du tout ! » Rapidement je retire mon poignard de l’arrière de mon pantalon.
« Très bien voilà au moins une chose de faite ! »
Quel type prétentieux ! Furieuse je balance à ses pieds l’arme blanche.
« Contrôle toi un peu plus jeune novice. Ma patience à des limites ! Maintenant attend moi ici je reviens. »
Merde alors ! Un elfe vampire sur qui la lumière du jour n’a aucun effet. J’en reviens pas. Si une armée de telles créatures débarquait sur terre nous n’aurions aucune chance. Sa me rappel une des légendes que Tahn me contait lorsque j’étais enfant. Celle de démons fabuleux venu d’un autre monde. Nathanaëlle en serait un ? Peut être bien. En tout cas il est sacrément puissant et prétentieux par dessus bord. Et j’ai intérêt à être sur mes gardes !
Après un petit moment l’elfe – vampire réapparaît. Il porte un étrange paquet dans ses bras. Il semble ne pas peser très lourd. Un sac en toile brune recouvre la chose. A sa forme on dirait que le sac contient un corps de petite envergure. Mes cheveux s’hérissent sur ma nuque. Mon dieu j’espère que ce n’est pas le cadavre d’un enfant !
« Je te confie la dépouille de Saphir ! »
« Saphir ? Qui es-ce ? Et que voulez-vous que je fasse avec ce cadavre ! »
L’expression de l’elfe – vampire devient froide et distante. Ses yeux brillent d’une lueur dangereuse.
« C’est le corps de la panthère préférer de notre maître. Elle est morte aujourd’hui. Il y a une pelle près de la fontaine. Tu vas descendre la colline et tu l’enterras à la lisère des bois. »
« Une panthère ? Son animal de compagnie préférer ! C’est une blague. »
« Le cadavre ne doit pas être enterré ici, il pourrait attiré des goules. Enterre le bien en lisière et ne t’aventure pas dans les bois. La forêt n’est pas sûr ! »
« Mais je ne connais pas la région ! Vous ne pouvez pas m’envoyez comme sa au beau milieu de nulle part. »
Mes objections ne l’intéressent en aucun cas. Sa décision est sans appel. Son visage reste de marbre.
« Dépêche toi dans deux heures il fera nuit. Ici le soir il vaut mieux être à l’abri ! » Il se détourne de moi et retourne à l’intérieur de la forteresse de glace. Les immenses portes se referment derrière lui. Me laissant seule avec un cadavre de fauve et une pelle.
Emilie.K
Extrait du journal d’Ezakiel sorcier de la caste des mages blancs de Chôla :
Il y a cent-cinquante ans sur la terre “d’Atharielle“, vivait le plus puissant des sorciers qui ait jamais existé. Il s’appelait Nathanaëlle. Apparemment, il serait venu du pays des elfes forestiers, “Chôla“ l’ancienne. Il aurait appartenu à la caste des mages blancs. Groupes de sorciers elfes qui avaient pour mission de protéger“ Atharielle“ du chaos destructeur.
On dit que déjà très jeune Nathanaëlle aurait fait preuve de dons pour la magie, hors du commun. Et qu’il entra à l’académie des mages blancs bien avant l’âge requis.
Mais ce surdoué de la sorcellerie, se désintéressa avec le temps de la magie blanche. N’ayant plus aucun secret pour lui, il l’abandonna telle une femme qui aurait perdu de ses attraits. Notre jeune prodige avait trouvé une tout autre conquête. En vérité il nourrissait une attirance contre nature pour les arcanes obscurs. Alors que les élites de son peuple avaient censuré cette voie de la magie, pour la clarté blanche; Nathanaëlle éprouvait le besoin d’en savoir plus, au sujet de cette thaumaturgie maudite.
Avec le temps il se procura tous les ouvrages et objets ayant un lien avec la magie noire. Et bientôt il devint un fervent pratiquant. Ce n’est que lorsqu’il commença à former des disciples, que la caste des mages blancs se décida à l’arrêter. Ils le piégèrent et le capturèrent, grâce à la traîtrise de sa plus fidèle élève et amante Cyraël.
On le jugea devant l’assemblée du peuple de “Chôla“. Ses actes furent qualifiés de crimes contre nature !
Pour sa défense, celui-ci rétorqua à plusieurs reprises qu'il ne voulait nuire à personne. Son seul but avait été de mener des recherches dans le domaine magique en vu de l’améliorer. Il pensait que les arcanes obscurs étaient une opportunité pour son peuple.
Mais ses paroles furent vaines et ne le sauvèrent pas. Injurié, démoli par les siens, trahi par celle qui l’aimait, il fut condamné à l’exil. Le pire des châtiments pour un elfe.
Le bannissement consiste en une traversée du miroir de non-retour. Cet objet magique, une grande glace mobile, ressemble à une psyché. Il est possible de traverser le miroir pour atteindre un des mondes parallèles à Atharielle. Mais le retour au point de départ dans l’autre sens est infaisable. Tout comme il est impossible de prédire la destination du miroir de non-retour. C’est au hasard que le choix incombe. Une fois la psyché traversée, on ne peut reculer.
Quant à Nathanaëlle, il échoua en plein domaine de Poenarie, sur la terre des hommes.
Emilie.K
Chapitre 11
Les chroniques de l’empaleuse : 11 Nathanaëlle
Le vingt-et-un août deux milles cinq, huit heure trentes du soir. Forêt de Drachen au Nord du domaine de Poenarie.
La forêt m’accueille comme une maîtresse offerte à son amant. Vertes toiles végétales, les arbres m’attirent dans la fraîcheur paisible de leurs ramures. Ils emprisonnent mes sens.
Ici et là sous la coupe florale, m’observe la faune curieuse. Un rouquin renard renifle l’air à la recherche d’une réponse. Quelques corneilles frissonnent dans leurs manteaux de plumes. Qui pourrait m’ignorer, moi l’elfe sylvain banni du pays de Chôla.
Je m’en rappelle comme si c’était hier. Plié en deux, j’agonisais juste là sous ce vieux Frêne. Pour je ne sais quelle raison, la traversée du miroir de non-retour avait absorbé presque toutes mes forces vitales. Ainsi donc les miens ne m’avaient pas seulement banni, mais même envoyé à une mort certaine. Ils m’avaient délibérément enlevé tout espoir de survie.
Alors que mes dernières forces disparaissaient, me vint une prière à l’esprit, si les dieux me laissaient vivre, je ferais tous ce qui est en mon pouvoir pour protéger cette nouvelle terre.
Etrangement comme si je fus entendu, le prince vampire apparut à mes côtés. Pendant quelques courts instants nous nous observâmes mutuellement. Ce démon à moitié homme me fascina. J’avais toujours pensé que les humains étaient une légende. Il était tout simplement fabuleux !
Lorsque ses crocs pénétrèrent mes chairs, je crus ma dernièrement heure venu. Tel un ange de la mort il m’offrait son baiser fatal.
C’est au bout de douze nuits que je me réveillais enfin dans mon tombeau de terre. Effrayé, choqué, je grattais de mes ongles les murs obscurs et noirs qui m’ensevelissaient. Lorsque j’atteignis l’air frais et vivifiant de l’extérieur je me sentis renaître, différent et changé. Les odeurs, les bruits, tout avait un aspect nouveau. Et le plus terrible était cette faim pénible qui me tenaillait.
Soudain je vis à quelques pas de moi le prince. Il se tenait à côté de ma tombe, étrangement on aurait dit qu’il m’attendait. Aussi fascinant et beau que lors de son baiser fatal, Mircéa porta à mes lèvres son poignet. Et comme un roi offre son adoubement à un chevalier, mon prince m’offrit son sang au calice de ses veines. Et c’est ainsi venait de naître Nathanaëlle l’elfe vampire.
Le plus dur à accepter dans ce changement, fut qu’il entraîna la perte d’une partie de mes pouvoirs de sorciers. Une renaissance qui était cher payée.
Les années passèrent et bientôt je m’habituais à mes nouvelles dispositions physiques et psychiques. Je devins le bras doit du Prince Mircéa, son meilleur serviteur de l’ombre. Celui-ci voulait épargner son monde du chaos et c’était une cause à laquelle j’adhérais. Au contraire de ce que mon peuple avait pu me reprocher, l’habit ne fait pas le moine. Mes premières règles de vie avaient été celle d’un mage blanc et tout le pouvoir du monde n’aurait pu altérer cela. Pourquoi ? Parce que je crois en des principes, notamment que la vie est précieuse et que la mort est un passage.
Le bruit d’une pelle qui creuse la terre, m’arrache à mes pensées. La nouvelle recrue se tient dans la semi - pénombre du dais forestier. A chaque pelletée, son dos frêle creuse la cambrure de ses reins. Elle se relève brusquement, ses boucles brunes balayent son visage humide de transpiration. Ses yeux d’amandes scrutent le sous-bois à la recherche de quelque chose ou de quelqu’un. Cette jeune novice est d’une sensibilité remarquable, elle a ressenti vaguement ma présence. Pourtant je me trouve camouflé dans un charme d’ombre qui me rend indétectable. Elle secoue sa tête d’un air désapprobateur, elle pense s’être imaginé qu’on l’observait. Dommage elle a failli m’impressionner. Quoi qu’il en soit, elle m’a désobéi. Je lui avais pourtant dit d’aller en lisière des bois. Et voilà que la jeune demoiselle a voulu s’aventurer en plein sous-bois. Cela faisait longtemps qu’aucun élève ne m’avait donné du fil à retordre. Le maître m’avait parlé d’un défi et bien il avait raison, la partie ne fait que commencer.
Emilie.K
Chapitre 12
Les chroniques de l’empaleuse : 12 les engeances infernales
Vingt-et-un août deux mille cinq, neuf du soir. Nord du domaine de Poenarie, forêt de Drachen.
Une pelle métallique s’efforce de creuser les noires entrailles terrestres. La terre se vide en trou. Sombre et béante telle une grande bouche ouverte, la tombe est prête.
Quelques arbres bruissent craintifs, le silence imprègne les bois.
J’essuie mon front humide de transpiration. La montre bracelet indique vingt-et-une heure. C’est le moment d’arrêter de jouer au croque-mort, la nuit approche. J’ai perdu bien trop de temps en m’aventurant au-delà de l’orée. Mais je ne regrette pas mon acte. Il était nécessaire de désobéir à cet instructeur aussi vaniteux que tyrannique. Comment Nathanaëlle a pu me traiter de la sorte. M’obliger à effectuer une tache aussi abjecte qu’enterrer un cadavre de félin. Alors que j’ai un besoin imminent de prendre du repos. Ce type est vraiment insupportable.
Sans trop de ménagements, je m’empare du sac contenant le cadavre de Saphir et le traîne jusqu’au trou. Alors que je m’apprête à le jeter dans celui-ci, j’aperçois au fond de la tombe deux énormes yeux rouges et globuleux qui m’observent.
Affolée je laisse là le cadavre du félin, m’empare de la pelle et recule. Mon dieu qu’est-ce que c’était ?
Tandis que je fais marche arrière en anticipant le pire, une masse grise colossale s’extirpe de la tombe. D’une taille imposante, la créature ressemble à une larve gigantesque. Son long corps serpentiforme strié d’anneaux bouge avec une facilité déconcertante. Les yeux fébriles de la créature ressemblent à deux lampions qu’on aurait trempé dans du sang.
Tel un avertissement, la chose pousse un cri assourdissant. Puis elle me fonce droit de dessus, roulant avec rapidité sur ses anneaux. Toute cette masse grise et informe se projette dans ma direction. Par chance j’évite une première attaque, roulant sur le côté un peu plus loin. Le corps immense s’écrase contre plusieurs arbres avec force, détruisant tout sur son passage.
Le choc de la surprise passé, les muscles se mettent en marche, l’instinct de survie commande et l’on court. Déboulant en plein bocage forestier la peur au ventre, avec une pelle pour seule arme. Toujours et encore je l’entends siffler, rugir, me coursant avec empressement. La créature me veut à tout pris. Quant on devient la proie, on devient fragile et sans défense. La crainte, l’angoisse de la mort nous dévore de l’intérieur. Il n’y est qu’une solution disait maître Tahn, manger ou être mangé. Il me fallait à tout pris inverser cette situation.
C’est alors qu’un grand chêne entrave ma route, j’en profite pour le grimper agilement. De là j’attends les quelques secondes qui permettront à la créature de se trouver dans l’angle de visée idéale. Juste assez proche de l’arbre pour qu’au final, je me projette dans les airs, la tête de la pelle pointée sur son cerveau et je l’empale. L’objet métallique traverse avec facilité la peau caoutchouteuse de la créature. L’impact est mortel, un brusque sursaut de la larve me projette un peu plus loin. J’atterris en douceur. Tandis que la créature s’éteint dans un dernier cri surpuissant.
Recouverte de la tête au pied du liquide jaune vital de la bête, je fuis la scène. Je cours sans but, sans direction. Tel un animal affolé dans une cage, je cherche une sortie.
Soudain éclate un vacarme effrayant ! Je jette un coup d’œil derrière moi et aperçois plusieurs autres larves gigantesques, s’extirpant du sol infernal de cette forêt. Alors que j’accélère ma course, je me trouve soudain dans une impasse. Trois immenses roches de basalte me barrent le passage. Disposée en forme U, la plus grande se trouve face à moi, et de part et d'autre, il y a deux autres pierres un peu plus petites. Ces roches ont une forme ressemblant aux menhirs de petite Bretagne. Elles doivent être un vestige d’une quelconque construction.
Alors que je m’apprête à quitter ce cul-de-sac surgissent les trois bêtes. Faisant front ensemble, elles m’encerclent, rendant toute fuite impossible. Tandis que tout s’accélère et prend de l’ampleur, une voie familière se fait soudain entendre. C’est Nathanaëlle ! Il se tient en haut du rocher principal et observe la scène de ses yeux verts et perçants. Quant aux larves, elles cessent brusquement toutes agressivité et restent à leur place. C’est incroyable, on dirait que la présence de l’elfe les a calmé.
« Aidez moi ! Elles sont trop nombreuses je… »
« Non ! Tu m’as désobéi ! Tu as osé pénétrer le sol sacré de la forêt des dragons. »
« Mais je ne savais pas ! Aidez-moi elles vont me tuer ! »
« Silence! tu as assassiné une de leur engeance, maintenant les dragons réclament réparations. »
« Une de leur engeance ? Ces larves sont des dragons ! »
« Oui, elles sont encore à leur stade premier. »
« Mais pourquoi s’en sont-elles prises à moi et comment se fait-il quelles aient brusquement cessé toute agressivité ? »
« Je te l’ai déjà dit, tu as pénétré le sol sacré de la forêt des dragons. Pour pouvoir pénétrer les bois en toute sécurité, il faut avoir passé le rite des chevaliers du Dracul. Etant donné que tu ne l’as pas encore effectué, tu es considérée comme une intrus et donc une proie potentielle. Quant à moi j’ai déjà passé le rite, donc elles me doivent reconnaissance et ne feront rien tant que je serais là.»
« Mais comment vais-je m’en sortir ! »
« En te battant ! »
« Quoi mais enfin… » Quelque chose tombe du haut de la grande pierre de basalte et s’écrase devant mes pieds dans un vacarme métallique. Nathanaëlle m'a jeté mon poignard d’argent. Celui même qu’il m’avait pris il a quelques heures, lors de mon arrivée au château. Rapidement je m’en empare. Lorsque je jette un coup d’œil pour questionner l’elfe vampire, celui-ci a disparu. Me voilà de nouveau seule dans cette lutte sans espoir.
Je fais face à mes attaquants, me préparant au pire. Comment blesser ses animaux gigantesques avec un ridicule couteau de cinquante centimètres? Lentement je recule, collant mon dos humide de transpiration contre la paroi de pierre glacée, quand soudain je me sens happée de l’autre côté. J’atterris douloureusement sur mon postérieur, la pierre était un passage magique qu’on peut traverser. Me voilà juste à l’arrière du rocher de basalte. De l’autre côté, les créatures glapissent, furieuses de s’être faites berner.
« Relève-toi ! » Nathanaëlle se trouve à quelques pas de moi, un sourire narquois jouant sur ses fines lèvres. »
« Vous saviez…pour le passage ! Vous m’avez délibérément fait croire que j’allais me battre ! »
« Mon dieu tu es toute pâle, il faut manger plus à ton âge. Ne me remercie pas pour ton couteau, tu peux le garder. Vu les dégâts que tu fais, tu risques d'en avoir souvent besoin. »
« Qu’en est-il des dragons ? Vous m’avez dit qu’ils risquent de réclamer réparation ! »
« Tu verras çà avec le Maître. Pour le moment nous allons rentrer et prendre un peu de repos. »
Emilie.K
Chapitre 13
Les chroniques de l’empaleuse : 13 La forteresse de glace
Le quatre septembre deux mille cinq, dix-sept heures. Cours sur l’apprentissage des runes germaniques se déroulant dans la pièce aux gobelins (tapisserie pour château), aile ouest du château de Poenarie.
Dans un frottement continu la craie court sur la noire surface du tableau de classe. La main de Nathanaëlle inscrit avec rapidité et précision les courbes torsadées des formules runiques. Hypnotisée, la classe suit chaque mouvement du professeur imbu de savoir et de maîtrise.
J’ai beau garder les yeux rivés sur le tableau, impossible de me concentrer. Cela fait une semaine que je n’arrive plus à fermer l’œil de la nuit, chaque soir des cauchemars terribles envahissent mon sommeil. Encore et toujours le même rêve qui revient, un semblant de souvenir remontant à mon enfance au Laos, mais quel souvenir ? J’ai beau tout faire pour me remémorer la scène, c’est toujours pareil, mon esprit refuse de coopérer. Aurais-je subi un choc ? Je n’en ai aucune idée, mais je commence à être soucieuse…
Sans prévenir, tandis que le cours continue, une migraine foudroyante vient marteler mes tempes, rendant mon front brûlant. J’ai beau masser mon crâne, le contour de mes yeux, rien à faire, plus la douleur augmente, plus mes paupières deviennent lourdes, jusqu’à me faire sombrer dans le sommeil. Au loin continue ce fil ininterrompu d’une craie qui court sur le tableau de classe.
Mes pensées inconscientes perdues dans leurs torpeurs ouvrent la terrible boîte à Pandore, les images et morceaux du passé enfoui dans mon esprit s’échappent. Peu à peu les souvenirs se précisent jusqu’à m’amener à revivre une journée de mon enfance. Cette même scène qui revient de manière incessante et se répète pour me laisser en fin de compte au réveil dans un oublie total :
J’ai neuf ans, nous sommes au Laos en,train de jouer dans la rizière qui borde le Wat de maître Tahn. Une brise tourbillonne dans les airs et plie la paille du riz autour de moi. Deux autres enfants de mon âge se trouvent à mes côtés, ce sont Lan et Moun, mes camarades du temple; leurs robes de bonze couleur orange se détachent sous les rayons du soleil, nous sommes si heureux et insouciants dans cette vie de bonheurs simples et de prières.
Puis le lieu change, je me trouve projetée avec mes deux camarades devant une sombre cavité rocheuse…c’est la grotte aux tigres blancs. Un mince filet d’eau s’échappe de la pénombre, un minuscule filet d’eau claire.
Lan et Moun me quittent pour se diriger vers l’obscurité sans retour de la caverne ; d’un signe de la main, ils m’enjoignent de les rejoindre…est-ce qu’ils savent que de cette grotte ils ne réchapperont pas ? L’obscure noirceur les fait disparaître, et je reste là sans bouger, immobilisée dans la crainte de cette musique terrifiante qui emplit ma tête : le diable chante et jubile. Un cri puis un deuxième retentissent, mais je reste toujours campée sur place dans cette immobilité glaçant mon cœur, mon âme.
Alors éclate l’orage zébrant le ciel d’éclairs illuminant pour un instant la caverne où se joue une scène horrifiante…mes yeux grands ouverts refusent de la voir. A mes pieds, le mince ruisseau de la cavité rocheuse s’épaissit avec l’eau de la pluie et perd de sa limpidité, il saigne rouge, rouge comme le sang…
- Daphné…pst Daphné…bon sang réveille-toi.
- Non je ne veux pas y aller… où suis-je ?
- Daphné, arrête de crier tu vas attirer l’attention de Nathanaëlle.
- Désolée Midnight… j’ai encore fait un cauchemar.
- Ouais et bien je te signale qu’on est en cours là.
Midnight est nouvel arrivant comme moi, nous partageons ensemble la sacristie de la chapelle du château transformée en chambre pour les nouveaux. Les règles de Poenarie stipulent : que nous ne pouvons avoir notre propre chambre tant qu’on n’aura pas été initié au rite du Dracul.
Quant à Midnight c’est un adolescent de quinze plutôt renfermé sur lui-même. Maigrelet, les cheveux et les yeux noirs comme du charbon, une peau matte trahissant ses origines amérindiennes, il serait canadien. J'ai bien essayé de sympathiser, quoi qu’il en soit c’est quelqu’un qui se confie peu. Au moins nous n’avons pas les barrières de la langue, parlant tout deux français, mais sa compagnie se révèle assez ennuyeuse, disons que ses idées s’arrêtent aux études scolaires.
- Mademoiselle mes cours ne sont pas faits pour rêvasser, vous me ferez le plaisir de quitter ma classe sur l’instant.
- Quoi ! Mais enfin ça peut arriver à tout le monde, j’ai eu une nuit blanche… »
- Non ça n’arrive qu’à vous ; sortez ! »
- Très bien Monsieur le professeur je m’en vais ! »
Plusieurs heures plus tard. La chapelle gothiquen du château de Poenarie, ancien lieux de culte, de recueillement où flotte une odeur de cierges brûlés. Sur les murs s’évasent des scènes religieuses peints en pourpre et or, les visages sont graves, accusateurs, d’autres délavés. Quant aux colonnes entre ciel et terre qui soutiennent la voûte en ogive, elle se décore d’une myriade de sculptures allant des vignes grimpantes aux angelots, comme le paradis semble proche ici…
Enfin vient la coupole, le cercle d’or d’un Jésus illuminé, celui dont les yeux brisés par le chagrin nous offre son pardon.
J’aime venir me recueillir dans ce lieu saint, c’est un endroit calme et rassurant. Le bruit de pas traînant sur la pierre me fait prendre conscience d’une présence, c’est Midnight
- Alors ce cours c’était comment ?
- Comme tous les cours avec Nat, épuisant et super tendu.
- Désolée de m’être endormie tout à l’heure.
- Ecoute, si tu as des problèmes, il faut mieux en parler à quelqu’un. Qui je ne sais pas, prend des cachets pour dormir parce que moi en attendant tu me réveilles la nuit…en plus tu commences à perturber les cours. C’est plus possible là !
- Ça va passer, t’inquiète pas je vais faire un effort.
- Daphné, ce n'est pas une question d’efforts, il est anormal de faire tout le temps des cauchemars et de hurler chaque nuit à la mort. Je te préviens, si ça continue j’irai voir le Maître !
- Quoi ! Tu ne ferais pas ça quand même ?
- C’est ce qu’on verra. Bon je t’ai ramené les cours, vas-y recopie, je voudrais aller faire des recherche à la bibliothèque.
L’angélus est une prière sur laquelle l’église médite le récit de l’incarnation et de l’annonciation. Il est dix-huit heures, agenouillée sur le sol froid de la chapelle, les yeux fermés, j’écoute le prêtre réciter la prière du soir.
- L’ange du seigneur apporta l’annonce à Marie ! Et elle fut conçue du Saint-Esprit ! Je vous salue Marie…
- Peureuse ! Tu n’es qu’une peureuse.
Surprise par ces éclats de voix calomnieux, j’ouvre les yeux, une toute jeune enfant se trouve assise devant moi. Ses vêtements semblent anciens, tout droit sortis d’une autre époque, la blancheur éclatante de la robe révèle son teint de chérubin, quelques rubans en soie bleue courent dans sa chevelure blonde, mettant en valeur ses grands yeux d’azur.
Je suis si choquée par cette apparition qu’il me faut un certain temps avant de retrouver la parole.
- D’où sors-tu petite ? Qui a menti ?
- Toi ! C’est toi qui mens !
- Arrête de crier tu me fais peur…
- Peureuse ! Tu les as laissés mourir, tu les as laissés mourir ; maintenant le ruisseau ne s’arrête plus de saigner.
- Daphné réveille-toi !
- Quoi, qu’est-ce qui s’est passé…où est la gamine ? »
- Tu es dans la sacristie de la chapelle, dans ton lit Daphné ! C’est moi Midnight…
Merde c’est plus possible, il est trois heures du matin, j’ai cours moi aussi demain figure-toi ; bon c’est décidé, j’irai voir le Maître j’en ai vraiment assez !
- Non Midnight! Fait pas ça, je dormirai dans la chapelle si tu veux…
- Il le faut, c’est pour ton bien Daphné, désolé…bon je vais me recoucher, bonne nuit.
Emilie.K
Les chroniques de l’empaleuse : 14 L’élue
C’est une sublime table en lac noire où repose les courbes sensuelles de son corps aussi pâle qu’une poupée de porcelaine, ses longs cheveux d’onyx recouvrent le bois sombre tel un voile de velours. Le visage dans l’ombre tourné vers le prince vampire elle semble vouloir le provoquer tout en lui tendant son corps avec impudeur. Mircéa ce prend au jeu de séduction s’empare avec délicatesse de ses poignets d’ivoires un mince sourire se dessine sur ses lèvres de satin qui s’approche d’une oreille de porcelaine ; la poupée tourne sa tête un peu plus de côté pour lui offrir au mieux son coup gracile. Brusquement elle écarquille ses yeux noirs m’apercevant debout dans l’encadrement de la porte du bureau du prince ; sa bouche en forme de cœur laisse échapper un cri strident alertant Mircéa pris à son tour par surprise.
Je sais qui est cette fille, c’est Frane mon professeur de technique intuitive c’est avec elle qu’on apprend à contrôler ses pouvoirs métaphysiques tel l’exorcisme ou encore la détection d’effluve magique. La première fois que je l’ai vu sa beauté parfaite, mais glaciale m’avait déplut elle dégageait quelque chose de froid presque reptilien et pourtant mon prince la trouvait à son goût…Je fixais de nouveau Frane je devais lui par être tel une voyeuse, mais ce n’était pas çà qui laissait l’horreur se peindre sur son visage : il y avait ma dague d’argent qui gisait profondément enfoncé dans mon abdomen. Presser je composais le code de verrouillage sur le boîtier à côté de la porte du bureau laissant une immense grille en acier blindé tomber et emprisonné le prince et son amante, un flash traversa ma mémoire :
Je revis Midnight enfonçant la dague dans mon ventre les traits déformés par son aliénation et mon souffle brisé sous le choc de l’impact me laissant impuissante, incapable d’émettre un cri tandis qu’il continuait à pousser le couteau plus loin dans mes chaires. Immobiliser par la douleur et le poids de mon agresseur mes mains avides tâtait autour de moi à la recherche d’une arme. Soudain le peigne en fer sur la table de nuit glissa sous mes doigts, je m’en emparais et pourfendait avec l’œil droit de Midnight. Choqué il hurla de douleur tous en se jetant sur le sol de la chambre ! L’adrénaline qui courait dans mes veines me donna la force nécessaire pour me lever de ma couche et immobilisé Midnight en m’asseyant à califourchon sur son dos, tout en lui tordant son poignet droit tandis que la dague dans mon abdomen laissait s’échapper une auréole rouge, colorant ma chemise de nuit blanche tel un bouton de rose déployant ses pétales pourpres.
Ainsi son masque était tombé, il était le loup dans la bergerie, le croque-mitaine prédestiné à tuer les enfants. Bientôt mes douleurs abdominal se firent plus intense et une vague de tremblement s’empara de mes membres ; même s'il fallait résister je me savais mourante. Lentement une prière de dépossession franchit mes faibles lèvres et avec le souvenir de maître Tahn refit surface : c’était lui qui m’avait confié cette prière bouddhiste qui m’avait donné vengeance autrefois. Lorsque Tahn avait appris ce que le croque-mitaine avait fait à mes camarades Lan et Moun il m’offrit d’apprendre les mots qui chassaient les démons, ceci fait nous partîmes ensemble à la recherche du tueur d’enfant. Malheureusement il fut impossible de sauvé son hôte nous dûmes tuer le croque-mitaine et l’humain qu’il possédait ; seuls les personnes récemment posséder avait une chance de survivre à leur exorcisme.
Le croque-mitaine selon la légende serait apparut sur terre lors d’une bataille céleste ou l’Archange Saint-Michel avait réussit à blesser Satan. On dit que les gouttes de sang s’épanchant de la bête maléfique devinrent les croqueurs d’enfants en tombant sur terre. Il est seulement possible de tuer un croque-mitaine lorsqu’il se trouve prisonnier d’un hôte, qu’il ne peut quitter uniquement qu’à la mort de celui-ci. Ensuite pour tuer la bête il suffit de
l’exorciser de son hôte. Par contre un croque-mitaine ne peut posséder un être humain qui a déjà vue l’un de son espèce.
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Lentement je laissais la dernière phrase purificatrice traversé l’espace et aussitôt Midnight se mit à hurler à la mort tournant son visage aux traits tordus dans toutes les directions, tandis que ses yeux d’un jaune acide roulait furieusement dans ses orbites, rapidement il fut pris de convulsion et une bave noire s’échappait de sa bouche… puis plus rien le calme était revenue après la tempête. Je me dégageais du corps inerte de Midnight il était seulement évanouie.
- Vient Daphné il est l’heure.
Je levais les yeux pour apercevoir devant moi la fillette aux cheveux blonds qui avait tant hanté mes nuits, elle me tendait sa petite main blanche et arrondie d’enfant.
- Que veux-tu l’enfant assisté à mon trépas…
- Les dragons nous attendent Daphné tu es leur élue ! Un doux sourire innocent ce peint sur ses lèvres.
- Pourquoi te suivre je vais mourir quand la dague sera retiré je mourrai et même si je la garde en moi ça ne fera que retardé l’inévitable… alors que m’importe tes dragons.
- Si tu refuses de me suivre la "Vlad Corporation" s’emparera du pouvoir des dragons et une guerre devra éclater ! Beaucoup de gens vont mourir Daphné dont Maître Tahn et tes parents…accepte de me suivre et change le courre de la guerre !
Et c’est ce que je fis, j’acceptais de suivre l’enfant pour sauver ce que j’aimais. Avant toute chose je me devais de mettre le Prince Mircéa à l’abri selon l’enfant il ne devait pas intervenir. Je regardais une dernière fois les amants il formait un beau couple Frane et sa beauté glaciale, Mircéa aussi étrange qu’hors du commun comme je pouvais me sentir mal qu’il est choisi une autre que moi… dire qu’avant de mourir j’aurai appris enfin qu’il n’avait aucun attirance pour ma personne. Mon dieu comme j’avais pu être naïve ! L’enfant dans le couloir m’appela doucement je me tournais vers elle prête à affronter le destin quelle m’offrait. Brusquement la voix autoritaire du prince vampire éclata à mon oreille ! Je ne me retournais pas... même si je le savais appuyé contre les barreaux de la grille :
- Daphné que fais-tu…arrête toi tu es blessé…
- Adieu maître c’est trop tard…
- Qu’est-ce qui est trop tard ? Répond !
- Le croque-mi…une douleur aigu s’empara de mon bas ventre je me retenais au mur de pierre avant de reprendre ma phrase : Le croque-mitaine est mort, Midnight est sauf mais blesser…
- Daphné bon sang ouvre cette porte! Tu es gravement touché… je t’en prie regarde-moi !
Un rire nerveux m’échappa : Parce que vous croyez peut-être que je ne m’en suis pas rendu compte ? Je vous l’ai déjà dit il est trop tard ! Je vais mourir...avant je dois accomplir quelque chose.
- Attend Daphné ! S’époumona le vampire je n'écoutais déjà plus et m'éloignait à la suite de l’enfant tout en laissant à mon passage des traces de sang le long des murs; c’est sur il me retrouverait mais il serait déjà trop tard...
Emilie.K



