27 avril 2008
Les violettes

(Waterhouse Ophélia 1894)
Les violettes
J’étais parti cueillir au pied du vieux chêne les violettes
Endormis dans leur toilette de satin mauve
Leur parfum envoûtait de son sucre l’assemblée des arbres
Et comme de preux chevalier ils semblaient tendre à leurs pieds
De vertes couronnes pour ses Dames…
Contre mon cœur je serrais précieusement
Le bouquet de ses fleurs garantes des secrets de l’amour
Proche la rivière roulait langoureuse à mon approche
Accueillant dans son giron les violettes et leur parfum
Un amour c’était éteint dans mon silence
Et les fleurs étaient mortes dans les flots glacés de l’onde…
Emilie .K
27/04/08
12 avril 2008
Irminsul

Irminsul
De pourpre et d’or la couche solaire revêtait son habit de nuit,
La lune montait parmi ses astres dans l’obscurité silencieuse,
Peu à peu la forêt refermait ses bourgeons verts pour tendre
Ses branches vers la lumière du soir.
La nature était comme un grand corps parcouru de frisson et de bleu
Seule venait retentir un nom, une légende que le vent portait dans le ciel,
Irminsul soutient de la voûte céleste une colonne d’écorce, de racine.
Mon être dans ce vaste silence venait goûter comme la lune
Au parfum des mythes anciens.
J’étais fragile, tendu dans le cocon de mes souvenirs
Une fleur, un phalène qui cherchait la nuit et ses étoiles.
Irminsul, Irminsul criait le monde comme un grand corps malade,
Mais déjà l’horizon perçait les ténèbres d’une ligne pourpre.
Les arbres offraient leur verte couronne au soleil
Tout en gardant cacher dans l’ombre de leur écorce
Les secrets et les phalènes…
Emilie. K 11/04/08
06 février 2008
La femme fleur

Ophélie parmis les fleurs 1908-1909 Odilon Redon
La femme fleur
L’étoile noire tendait ses rayons obscurs
Vers le ventre rond et pâle de la déesse blanche
La forêt émergeait de ses cris les arbres tordaient leurs branches.
L’étoile noire tendait ses rayons obscurs
Vers un crépuscule rose, ardent comme la chevelure de la déesse mordorée
La serpe croissant de lune coupait les gerbes d’or en épis de blé.
L’étoile noire tendait ses rayons obscurcis
Vers les pétales opalescents d’une couronne tresser d’aubépine
La femme fleur était venue chercher ses fèves à la tombée de la nuit...
Emilie. K 6/02/08
02 janvier 2007
Le son du deuil
Le son du deuil
Le vent emporte les feuilles
Comme des larmes sur un visage blessé de nuit
Les blancs chevaux chassent les ténèbres aux écueils
Eclatant la mer obscurcit
Si l’oracle s’enterre dans l’esprit des arbres
La forêt attendra l’hiver
Il est lointain le son du deuil
Les papillons battent la poudre de leur ailes…
Emilie.K
23 décembre 2006
La toile de glace
La toile de glace
Une blanche toile en glace des vents
Sonne le cristal l’hiver filant
Fenêtre nos vies tordues en branches
Comme sur les voiles la mer se penche
Soleil éteint dans le silence
Aux blancs jardins des résidences
L’espace à froid sous le ciel bleu
Nature tu couves ton chant frileux
Une blanche toile en glace des vents
Comme l’étoile au ciel couchant
Nature tu couves ton chant frileux
Aux creux des arbres silencieux
Emilie.K 23/12/06
19 septembre 2006
La roulotte d’automne
La roulotte d’automne
Quant automne charia une brune chaleur
Ses arbres à l’ouvrage tissé de châtain
Le bois soulevait l’envoûtante odeur
Des cèpes mûrissant au soleil éteint
Le roux parfum à flore de saveur
Traversait l’espace ambré d’une saison
Un cerf bramait la forêt en couleur
La lune en rose dominait son horizon
Et dans cette roulotte de douceur
Que m’offraient automne et ses faveurs
J’abandonnais au bois dormant
Mon cœur au chaud si tristement…
Emilie.K 19/09/06
20 juin 2006
Juin

(Titania's Awakening Charles Sims 1896)
Juin
Chaude saison l’été chante Zéphire
Crépuscule cueille les phalènes,
Aux notes doucereuses d’une lyre
Flore des fleurs devient une reine.
La bruine satine les pétales
Les roses dans la nue s’étalent,
Rouge et langoureux éventails
Tels des odalisques dans un sérail.
Les grillons reflètent les étoiles
Sérénade nocturne estivale,
Vibrance dans la rupture
D’une lune en clair obscur.
Oberon cherche le mystère
Et Titania sommeille au vert,
De juin le vent du soir,
Apporte bel espoir…
Emilie.K
16 juin 2006
Forêt de l'espoir
Forêt de l’espoir
Toucher la noirceur des limbes
Pourrir dans un cachot, feindre
D’oublier les mailons d’une chaînes
Liant l’espoir au métal de haine.
Oublier ses Lucifer tyrannique
Vomissant leurs paroles hérétiques,
Entre les barreaux brûlants
D’une cage de fer blanc.
Garder sa margelle à regret
Une fontaine à triste rejet,
Hanter ses nuits de cauchemars
Dans l’ombre grouillent des cafards.
Boire au litre sa peine précoce
Transformer chaque rêve en négoce,
Mon espoir reste une forêt
Gît sous un arbre, gît sous un dais…
Emilie.K
02 avril 2006
Mon printemps
Mon printemps
Au chemin frissonne nature,
A l’ocre d’une terre,
Les arbres pleurent leurs ramures,
Ou coule le futur.
Se fondre à l’écorce,
Abreuvez-moi de force,
Palétuvier noue son âme,
Aux racines du macadam.
Tremble brisure d’une branche,
Fleurs de cerisiers s’épanchent,
A l’aube du blanc renouveau,
Hiver pleure ses oripeaux…
Emilie.K
09 mars 2006
Perce neige
Perce neige
L’arpège d’une colline,
Perce neige se dessine,
Aux larmes opalines.
Bouton tendre glace,
Pétales s ‘enlacent,
En verte grâce.
Argent aux lèvres,
Une goutte de fièvre,
Fleur est mièvre.
Apanages corolles,
Fleurissent en étoles,
Ou les tiges s’enrôlent.
Elles se fanent en avril,
Ephémères opalines,
Larmes d’une colline.
Emilie.K






