poèsie des larmes

Un temps pour écouté les songes de mon coeur et les sanglots de mon âme -poèsie des larmes-2005- textes et photos protégées par les lois sur la propriété intellectuelle Il fait si beau ce soir mon amour pourquoi m'as-tu laissé à l'abandon du passé

26 mai 2006

Le destrier de l'apocalypse

(Icarus Meteyard, Sidney Harold 1900)

Le destrier de l'apocalypse

Au plus profond de la nuit où les légendes prennent vie, se débattait une mince silhouette dans ses insomnies. Son corps aux courbes d’albâtres semblait vouloir échapper à l’éveil, tandis que s’évaporait son sommeil. La chaleur estivale en cette fin de mois d’août était celle d’un four et même en pleine campagne Bretonne il n’y avait pas moyen d’échapper à la canicule.

J’avais beau me tourner dans un sens et dans l’autre, Morphée avait bel et bien déserté mon lit. Mes vacances scolaires commençaient bien mal, je venais à peine de recevoir toutes les félicitations dues à la réussite de mon baccalauréat. Je me croyais enfin libérée d’un point immense, j’avais assuré mon avenir. Et maintenant je rêvais de découvrir le monde et de quitter pour un temps l’étouffant cocon famille. Mais voilà mes parents en avaient décidé autrement je me devais d’aller dans une prestigieuse université Parisienne. J’étais tant choquée par la nouvelle que je n’avais même pas pris le temps d’écouter le nom de celle-ci. « Tu as le talent nécessaire pour devenir écrivain, » m’avait dit ma mère « mais sans étude tu ne seras jamais rien, tu remettras tes projets de voyages à plu tard, la famille compte sur toi ».

Fiévreuse prise d’une bouffée de chaleur rien qu’à cette pensée, je m’extirpais de mes draps humides et froissés pour ouvrir la grande baie vitrée de ma chambre à coucher. M’installant sur le rebord de la fenêtre je calais ma tête, contre son battant de bois et observait le bocage brocéliandais, dans la brise du soir. Tandis  qu’au loin me lorgnaient les chênes centenaires, gardiens mémoriaux du sacre de ces terres. Au loin hulula une chouette, dans cette obscurité palpable la faune nocturne semblait insaisissable. C’est ainsi que sous la torpeur lunaire, la frêle silhouette d’une jeune fille de dix-huit printemps, aux cheveux roux et flamboyants, faisant ressortir ses yeux verts le tout sertit sur une peau blanche et pâle, se laissait prendre aux charmes de la quiétude forestière. Qu’aurait-il pu arriver dans le fredonnement des noctambules grillons et du paisible murmure aquatique de la rivière. Pourtant je ne rêvais que d’une chose qu’on vienne mettre fin à ce destin pré fabriqué pour lequel je n’avais aucun goût.

Quelques minutes plu tard, je fus surprise dans mon semi sommeil par d’étranges mouvements dans le paysage forestier. Le manque de vision dans la noirceur nocturne et les bruits feutrés dans la végétation mirent mes sens en alerte. C’était comme si de tous côtés les pénombres avaient pris vie. Tentant de me lever pour refermer mes lourds volets et me mettre à l’abri, je fus stoppée dans ma course par le son d’une voix grave et étrange murmurant des paroles dans une langue inconnue. Aussitôt après je fus paralysée incapable de faire le moindre mouvement et d’avoir une quelconque réaction. Ce n’est qu’après m’être concentrée que je parvins finalement à tourner la tête sur le côté gauche. Je fus prise d’horreur en voyant un de mes bras pendre lamentablement dans le vide, tandis qu’un hippogriffe de la taille d’un cheval entailla profondément le muscle de ma chaire pâle et offerte sans que je puisse réagir. La douleur fut aiguë et fulgurante, laissant sur mes lèvres un cri muet. Comment cet être avait pu si facilement me surprendre sans que je le vois arriver ou que je l’entende ? Et par quel moyen m’avait il immobilisée Pensais-je tandis que les grandes ailes d’un bleu argenté, battait la mesure dans l’air, soutenant le destrier et son cavalier. Monté par un archange aux ailes et aux cheveux aussi noirs que la plume des corbeaux, ce destrier de l’apocalypse s’abreuvait à la coupe de mon sang. Face à cette scène terrible j’eus l’impression de suffoquer et je tombais dans le gouffre du sommeil léthargique. Je rêvais à mille et une chose, mais surtout à ma mort prochaine.

Je songeais dans des draps frais et parfumés aussi doux que les pétales d’une fleur. De temps à autres une main douce venait rafraîchir mon front brûlant et murmurer à mon oreille des paroles inconnues qui m' apaisait. Je suivais dans mon esprit ses vas et viens comme un serpent suit le charme de la flûte tout en ignorant le charmeur. Ce qui vint perturber le silence de mon sommeil, ce fut les fourmillements éveillant les douleurs de mon bras gauche ankylosé. Je levais lentement mes paupières encore lourdes à cause de mon épuisement et je me vis couchée dans un berceau d’or et d’argent de forme ovale tiré par quatre hippogriffes aux ailes aussi rouges que le feu ardent de l’enfer.

Ma couche était recouverte de Lys blanc et mon bras blessé tenait dans un bandeau de soie chatoyant. J’avais la tête calée sur les genoux de l’archange aux ailes de corbeaux et celui-ci me regardait avec sa beauté arrogante. Il me dit dans un souffle « Je suis l’archange Uriel futur roi de l’empire céleste, je t’ai cherchée sur bien des terres ma divine et voilà qu’en fin je te retrouve à Brocéliande forêt païenne, quel hasard ».
« Je ne suis pas celle que vous croyez pourquoi m’avoir blessée… ».
« Ne parle pas garde tes forces Lucifer, il y a un temps pour toute chose. La morsure que Léviathan t’a infligée montre qu’il a reconnu son ancienne maîtresse. Il est vrai que sous la forme humaine que dieu t’a donnée tu es mortelle et sujet aux blessures comme à la douleur.
« Dieu ?? Mais … ».
« Dieu a voulu t’offrir son pardon et pour cela tu devais apprendre à vivre loin de ton trône infernal, parmi les hommes ! Il t’a offert une nouvelle âme une autre existence et toi tu as accepté ! »
« Mais alors qu’est-ce que vous me voulez, si je ne suis plus rien qu’une simple mortelle je n’ai aucune utilité pour vous ! »
« Pour moi c’est sur tu en as aucune, mais vois-tu la troupe qui nous entoure, ces milliers d’anges veulent croire en leur sauveur en leur bête de l’apocalypse. Celui qui les délivrera des chaînes du divin celui qui fut un jour à puissance égale avec Dieu. « Voulez-vous servir de moi pour mener votre propre guerre ? »
« C’est cela maintenant il est temps de prendre du repos mon bel ange infernal. Dort ! »

Emilie.K

Posté par Lointaine à 12:02 - Histoires courtes: Nouvelles - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

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que dire ... j'adore, ... je t'aime ...

Posté par georges, 02 janvier 2009 à 15:07

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